Au fil de l’eau …

•septembre 3, 2009 • Laisser un commentaire

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Le reflet des maisons à colombages dans l’Ill à Strasbourg a fait sur moi un effet particulier, je vous partage donc quelques clichés prs au fil de l’eau lors de ma ballade dans l’autre Venise du Nord, Strasbourg. La Petite France est un quartier que l’on ne peut manquer quand on visite l’Alsace et sa capitale, je me suis volontier perdu dans ses ruelles pavées et le long de ses caneaux. La Petite France telle qu’on la voit aujourd’hui remonte au XVIème siècle quand il y avait un hôpital installé pour les soldats français, taneurs, meuniers et pêcheurs travaillaient dans ce quartier névralgique de Strasbourg… Allez vous-y ballader et prêtez attention à l’eau et ses reflets…

Retour aux sources

•août 22, 2009 • Un commentaire

dissonances

Les lumières lentement se baissent, les clarinettes et violons s’échauffent discrètement quand brusquement résonne l’appel à la prière de la mosquée d’Umar sur la place de la mangeoire à Bethléem. Nous étions sur le point de débuter la messe de la nativité dans cette ville extraordinaire quand quelqu’un nous a rappelé dans quelle région spirituellement riche nous nous trouvions. Nous étions à quelques minutes de débuter notre messe de Noël en plein été quand plusieurs dizaines de millions de personnes sont elles aussi rentrées en prière.



Dieu est le plus grand

J’atteste qu’il n’ya nulle divinité digne d’être adorée sauf Allah
J’atteste que Muhammad est le Messager de Dieu

Venez à la Prière ! Venez à la Prière ! Venez à la félicité ! Venez à la félicité !


Néguev

Je n’avais pas entendu le chant du muezzin depuis mon départ du Caire, depuis ce dernier appel rue Champollion qui comme les autres était devenu banal. Pourtant je sens encore l’écho de celui de Bethléem dans mes veines et dans ma tête. Je ressens encore les frissons qui ont parcouru ma peau, brusquement alors que les “Allah” partaient dans le ciel et que chacun se tournait vers son Dieu.
Ce moment reste gravé en moi et c’est un souvenir très fort que je garde de ce pèlerinage, de ce retour aux sources.

porte de damas

Nous étions certes près de 2000 à avoir répondu à l’appel de la conférence des évêques de France pour nous rendre en Terre Sainte, pourtant j’ai l’égoïste impression que la phrase clé de cette aventure “retour aux sources” a été choisie pour moi.
Ma vie au Caire était également rythmée et bercée par le fait religieux, catholique musulman ou encore copte. Délicats et difficiles ont été les premiers jours dans ce Caire tentaculaire où mes repères habituels étaient brouillés… Ma foi a été en quelque sorte un refuge face au bruit et aux mésaventures, elle a aussi été une essentielle clé de lecture de ma vie en Egypte, une excellente porte ouverte vers l’autre, sa culture et ses croyances ! Puis une aumônerie est née, j’ai fréquenté l’église St Joseph, d’autres jeunes et ma foi s’est revitalisée, reconstruite… la prochaine étape se devait donc d’être la Terre Sainte.
Deux ans auparavant, j’avais foulé cette terre martyr mais pour d’autres raisons que certains d’entre vous connaissent bien. Frustré de n’avoir pas plus marché sur les pas du Christ j’ai beaucoup appris de la souffrance des peuples qui vivent là-bas. Embarqué dans cette aventure, j’ai rejoint le diocèse de Lyon à l’aéroport pour une trop courte dizaine de jours, un retour aux sources de ma foi mais aussi un retour aux sources de mon engagement et de mes convictions humaines et politiques. Sur la place de la nativité, à Bethléem, avec la voix du Muezzin et de tous ces pèlerins qui chantaient l’amour du Christ, j’ai compris comme un déclic les richesses qui peuplaient ma vie. J’ai bien saisi l’importance que la foi et la lutte pour la paix au Moyen Orient auraient dans ma vie et dans mes projets…
“Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, ils seront rassasiés” Mt 5
En haut du mont des Béatitudes et face à la mer de Galilée, alors que chacun devait méditer les paroles du Christ et choisir une béatitude qui leur correspondait, il était presque évident que la mienne serait celle-ci. “presque”, car deux autres me tenaient à cœur. “heureux les artisans de paix…”, j’espère et je croix dans cette paix mais je suis encore plus assoiffé de justice et de pardon. La deuxième qui est encore dans la course (ou au moins dans mon cœur), c’est celle que, peut être, vous aussi vous avez lu en anglais sur ce mur de la honte qui ceinture et étouffe la Palestine et enferme l’Etat d’Israël; “blessed are those who mourn, for they will be conforted “Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés”.

Jérusalem /al Quds / Yerushaláyim

Avec le diocèse de Lyon, nous avons parcouru Israël et les territoires palestiniens à la découverte des lieux saints. Première étape le Néguev sur les traces d’Abraham et tribus d’Israël cette halte au désert avant de se lancer vers la Judée et la Galilée a été pour moi le moment que j’attendais pour relire ma vie et les mois qui s’étaient écoulés depuis mon départ de France, les souvenirs revenaient inlassablement, le Caire, vous, les voyages, cette petite fille au Yémen et finalement le désert et la joie que j’éprouve quand j’y suis plongé. Malheureusement, quelques jours après cette étape enrichissante, nous nous sommes aperçus que lors de notre halte nous avions croisé la route de la Schigelle, une vilaine bactérie qui m’a bloqué en quarantaine pour 48 heures ! Entre temps, découverte de la mer morte (on flotte vraiment, c’est très drôle mais très très chaud) de Qumran et lecture partagée des évangiles. Puis, ce fut les premiers temps tous ensemble, les 2000 jeunes en route vers Jérusalem qui se retrouvent au bord de lac de Tibèriade, près de Nazareth… Puis la case Hôpital et quarantaine pour près d’une cinquantaine d’entre nous,notre “malheur” nous a tant bien que mal permis de faire connaissance et d’apprendre des autres au point de lier de profondes amitiés !
A la fin de la quarantaine, direction les territoires palestiniens et cette ville magique qu’est Bethléem ! Le deuxième retour aux sources débute au contact des populations arabes, je réutilise mon dialectal égyptien en amusant mes interlocuteurs, je redécouvre les ruelles et l’ambiance de cette ville fascinante ou j’étais resté plusieurs jours deux ans auparavant. Après deux jours à Bethléem, c’est la tant attendue marche vers Jérusalem, une fois passé le checkpoint et le mur de séparation, nous atteignons le mont des oliviers. La rumeur de la ville, le Saint sépulcre, le dôme du rocher et le mont du temple inonde mon regard et mon esprit, je suis subjugué, euphorique, enivré et impatient de parcourir la vieille ville, marcher sur les remparts et revoir Jérsualem, Al Quds, Yerushalaïm !
Le groupe est vêtu de Blanc, couleur de notre baptême, à pied nous descendons le mont des oliviers et atteignons la porte St Etienne avant de nous engouffrer dans la vieille ville sur la via dolorosa en direction du Saint Sépulcre.
Jérusalem !

Un peu comme à Bethléem, je redécouvre une part de moi même que j’avais laissé derrière moi deux ans auparavant. Je me ballade et recroise l’Hébron Hostel, le mur occidental, l’ecce homo et tous ces endroits que j’avais passionnément fréquentés… Les ruelles de la vieille ville sentent bon, les odeurs de safran et de Zahtar se bousculent comme dans mes souvenirs, quelques uns des pèlerins m’accompagnent pour appréhender autrement Jérusalem, des ruelles du quartier arabe en passant par les remparts et la porte de Damas, c’est un éternel et agréable retour aux sources. Dans ma tête les prochains projets bouillonnent, apprendre l’hébreu, revenir l’été prochain, chercher un stage ici ou dans les territoires…

Les derniers jours à Jérusalem ont été des plus instructifs et des plus émouvants, nous avons célébré la Passion de nuit au pied des remparts avec une vue imprenable sur la vieille ville, puis tout s’est accéléré, la dernière messe ensemble et les ultimes balades à Jérusalem avec les autres pèlerins, les “au revoirs” et le départ en bus pour l’aéroport de Tel Aviv.

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Retour en France, encore un retour comme ceux que j’avais redouté. Un retour pour mieux rebondir ? Malheureusement pas comme je l’avais prévu…

On rêve tous au fond que nos vies soient comme le son de la clarinette, un son mélodieux, plaisant, enthousiaste, envoutant mais quelque peu déroutant. Déroutant et même parfois déplaisant quand, entre chaque morceau vient s’imposer presque brutalement le souffle du clarinettiste. Ma vie, la vie et l’amour sont pour moi comme ces instants d’incertitude ou l’air expulsé vient à manquer et où il faut donner un nouveau cours à sa mélodie. Pendant ce souffle qui ne dure pourtant que quelques secondes tout peut changer se mouvoir évoluer et engendrer déception ou bonheur intense. Ce souffle là n’a donné naissance qu’à désespoir et désolation.
il n’y a guère de bruit que je tolère mais ce son m’attire presque inlassablement, je prête l’oreille attentif afin d’écouter ce sursaut qui intervient avant que ne s’échappent définitivement les notes de la clarinette.
Le temps de ce souffle, de ce sursaut, il m’a fallu affronter de nouvelles émotions et faire face à des sensations inattendues.  Pour mieux sursauter, je me suis lancé à la découverte d’un morceau de mon pays, où vit une partie de ma famille, l’Alsace.

still on the road // Encore sur la route !!

•juillet 21, 2009 • Laisser un commentaire

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A quelques heures d’un autre départ, je prends une minute pour vous donner quelques nouvelles… Je m’envole aujourd’hui pour la terre sainte, revoir cette terre d’Israël et de Palestine qui m’est si chère pour une dizaine de jours dans le cadre d’un pèlerinage national étudiant… Au programme, le Néguev, la Galilée, Jérusalem, Bethléem… des rencontres et des échanges… Encore de belles aventures !

Je vous espère tous en forme et heureux où que vous soyez…Pour ma part j’ai reçu un beau cadeau, une petite Chloé qui est née il y a quelques jours et qui grandit à vue d’œil…

L’heureux tonton retourne sur les routes ! à bientôt !

légende des photos : en haut le couvent des sœurs de Sion à Jérusalem et en bas, le dôme du Rocher sur l’esplanade des mosquées à Jérusalem.
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Les cairotes sont de retour !

•juillet 11, 2009 • Un commentaire

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Voilà près de 20 jours que j’ai quitté le Caire, son animation, son agitation et ses surprises ! Avant de partir du Caire, je voulais vous faire partager une liste de chose que seuls les cairotes peuvent connaître et vivre avec, comme le dit ce blog, à ma manière j’ai voulu commencer une petite liste de ce que l’on se dit et de ces “anormalités” qui arrivent quand on rentre en France après tous ces mois au Caire…alors, à quoi reconnaît-on un ancien expat cairote ??

- il est le seul à se dire “oulalalalalalalala il fait froid”… quand les portes de l’aéroport s’ouvre, on a trop vite oublié à quel point le vent du Nord est glacial… ou qu’au Caire il fait vraiment chaud !

- on est les seuls à dire ma3lesh, mafish muskila, hanshouf… aux parents et aux amis : une fois ça passe, deux à la limite mais tout le temps… ça peut énerver !

- l’expat perd difficilement ses habitudes… dire ia bacha ou encore ia brince,à l’épicier qui pense seulement que l’arabe se résume à une série de guturalisations affreuses peut conduire à des situations complexes…

- le “laou sama3t” aux serveurs, ça ne fonctionne pas du tout !

- oulalalala, mon jus d’orange sur une terrasse à Privas le soir de la fête de la musique me coûte 21 livres égyptiennes, on se croierait au Nile Hilton…

- “on sort ce soir, ouais ! on va dans un bar branché !”   ” super, le temps d’enfiler mon leggins et de me prendre un foulard pour les épaules et j’arrive” … regard interrogateur de vos potes… oui on connait ça !

-  L’expat continue dans la rue ou ailleurs à critiquer dans sa langue natale…… mais vous saviez vous qu’ils parlaient français ici…oupss

- On zappe tous indéfiniment avant de trouver, enfin, (al-hamdulilah) AL-Jazeerah en arabe !

- On pleure de ne plus avoir Otlob ! pas vrai Martin… (Otlob ? c’est une merveille, un site internet qui nous permet de commander à manger à toute heure dans de nombreux restaurants ou fast-food, et de se faire livrer à la maison…)

- On apprend que notre premier ministre François Fillon n’a finalement pas disparu !

- on demande à nos amis si l’eau qu’ils nous servent n’est pas du robinet, et on rajoute que la “Baraka, c’est la meilleure” “non, la Siwa a un goût salé !” (débat sans fin ! ma3lish! )

- l’expat cairote est dans les premiers jours perdu.. oui il n’y a plus d’appel à la prière pour lui rapeler de se lever, de manger ou d’aller à ses rendez-vous…

- Mais le soleil se couche à quelle heure ici ??!!

- “Vendredi matin tu fais quoi ?” réponse de l’ex cairote : ” je dors jusqu’au prêche de l’imam!” regard interloqué de son interlocuteur…

- Tu es le seul à proposer que l’on partage un taxi pour rentrer de soirée…ça va quand même c’est pas grand chose 5 Livres égyptiennes (65 centimes d’euro) !

- l’ex-cairote hurle aussi en voyant le prix des appartements à Lyon… quitter son palace rue Champollion… quelle idée !

- … cette liste est loin d’être finie, anciens cairotes, expat d’un temps, visiteurs d’une semaine, lâchez vous !

Pour ma part, le retour en France se poursuit, après quelques excursions, vous me trouverez à Loriol entrain de ranger, bosser, peindre ou tapisser… Je m’envole le 22 juillet pour Israël alors faites moi signe si vous êtes dans le coin ! Merci à tout ceux qui m’ont suivi dans cette aventure, je laisse le blog ouvert au cas où de futurs ou d’anciens cairotes ressentiraient la nostalgie… et puis, nous avons encore beaucoup de belles expèriences à vivre et à faire partager… “life is a journey, not a destination !”

Emboîtement et désemboîtement

•juin 20, 2009 • Un commentaire

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La journée est terminée, la nuit commence à envahir les rues du Caire et les égyptiens sortent profiter de la fraîcheur du soir. Du haut de mon appartement, je les vois marcher, courir et vivre.

9 mois… Comme un bébé qui grandit dans le ventre de sa mère, il s’en passe des choses en 9 mois, j’étais cet être en puissance, celui que je pensais devenir et celui que je voulais achever. 9 mois et les choses changent, on grandit, on s’épanouit, on exécute cette danse compliquée qu’est la vie dans tout son grand art. En 9 mois, on s’évertue à avancer plus vite vers demain pour que les choses changent et que jamais on ne se retourne, en 9 mois, funambule que je suis j’en ai fait du chemin.

Le Caire.  Écrire ton nom et le crier me donne des frissons, tes rues, ton agitation, ton pouls que j’ai senti en moi, tout ça va me manquer, je frissonne de ne plus te voir.  Je pleure de ne plus t’entendre. Je sers les lèvres de ne plus te sentir. Avant-hier je te détestais presque,  aujourd’hui je me rends compte combien tu vas me manquer, combien je vais rechercher encore et encore ces sensations d’unique et d’exceptionnel.

Je ne parviens pas à être triste, je ne parviens pas à expirer d’une quelconque nostalgie, car je suis encore là, assis sur le balcon du 16 rue Champollion. Ma chambre a certes retrouvé ses murs blancs, les photographies qui l’ornaient sont dans cette valise sur mon lit, cette valise qui trône comme le signe distinctif d’un départ proche et normalement douloureux.  Quelle est cette douleur, ce sentiment étrange, on m’arrache à une réalité que je m’étais appropriée. Je me sais aller vers d’autres horizons mais le tien demeurera ancré au fond me mon corps et au plus profond de mon être.

Trop content de te quitter  j’en oublierais presque ces moments merveilleux que tu m’as offerts. Malgré les difficultés, les souvenirs s’emboîtent, les visions délicates reviennent à l’esprit, ici en Egypte, au Yémen, en Syrie ou simplement sur le pas de ma porte… tous ces souvenirs m’ont transformé.

Le Caire je te quitte avec respect, passion et déférence. Grâce à toi j’ai trouvé la confiance, l’amitié, l’amour et le bien être.

Le plancher craque, que j’aime ce bruit, la porte claque, allons-y, yallah la vie n’attends pas…

En attendant la dernière danse

•juin 19, 2009 • Laisser un commentaire

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Les derniers articles ont fleuri ces derniers jours, le temps est si vite passé que j’ai l’impression de ne pas en avoir dit assez sur cette ville… Alors en attendant la dernière danse et le clou du spectacle voici quelques clichés pris aujourd’hui alors que le soleil amorçait sa descente sur le Nil.

Sur la première on voit l’église Saint-Joseph que j’affectionne tout particulièrement. Ce soir c’était ma dernière messe au Caire, la chorale entonnait quelques un de mes chants préférés et malgré la panne d’électricité et la chaleur étouffante nous avons mené à bien cette célébration… que ma voix s’en souvienne pour la deuxième lecture (hum um…!). Je suis vraiment content de vous faire partager cette image et ce lieu cher à mon cœur dans lequel j’ai fait beaucoup de très belles et heureuses rencontres. Vivre un an en Egypte, dans un pays dont la population musulmane est ultra majoritaire, ce n’est pas simple, il n’est pas évident de cheminer dans sa foi… En réalité je dirai que vivre au Caire m’a permis de retrouver un nouveau souffle dans la spiritualité et la religion ! J’en remercie d’ailleurs tout ce qui m’y ont aidé, L’abbé Matthias et le père Raphaël, Aline, Vincent, Guirec, Bénédicte, Myriam, Monseigneur Fitzgerald, les soeurs de mère Térésa… et les autres pour l’aumônerie,  Youpi (Joseph) et la chorale, le père Roberto (un polonais missionnaire en Centre Afrique qui étudie l’arabe au Caire…complexe n’est-ce-pas…), la gentille dame qui me complimente toujours à la fin de la messe… Bref tous ces gens qui ont été une seconde famille pour moi tout au long de cette année, dans les moments durs comme dans la joie.

L’église se trouve en centre ville à côté de la place Ataba et de la Sharia Kasr-el-Nil, près du gros bulding de la “bank misr”.

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Voilà également quelques clichés pris dernièrement, au coucher du soleil au bord du Nil, sous les multiples ponts qui mènent à Zamalek ou Mohandessin… La corniche du Nil est vraiment un endroit qui grouillent de toutes les énergies cairotes, jeunes et vieux s’y croisent, grimpent sur une felouque bondée et bruyante, mange des fusées de maïs grillé ou simplement se tiennent la main à côté du fleuve légendaire…

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La statue de Talaat Harb qui trône au milieu de la place du même nom


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La Corniche du Nil, en face, Zamalek


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Au centre de l’image se trouve un personnage clé du Caire quand il fait chaud, c’est un vendeur ambulant de boisson fraîche… essentiel n’est ce pas ! Il passe dans les rues en agitant de petites cymbales, un bruit qui au moins est plus agréable que celui du vendeur de “boutagazz” (entendons les bouteille de gaz). Ce dernier parcourt le quartier avec un chargement de bouteilles de gaz et tape dessus pour attirer les clients potentiels…

Avant de terminer sur une touche littéraire, je me propose de partager avec vous ma “playlist” de musiques qui auront marqué mon séjour en Egypte.

On the Radio (Regina Spektor, pour Anouk), Le Boléro (Ravel), Survivor (Destiny Child…LA musique du Yémen…),  Six Borought (the world is not flat), Breath in breath out (Matt Kearney), La liste (Rose), Ia Beirut, ia Sitt el Dunia (Majda Roumi), Eternal sunshine of the spotless mind (Jon Brion), International small traffic blues (The mountain goats), Laddy D’Abbanville (cat stevens), Amessa (Souad Massi), The carmel of my soul (Rim Banna), La Bohème (Aznavour), Requiem aeternam (le roi soleil), Beggin (Madcon, de Miami au 16 rue Champollion ;p )… et tant d’autres !

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Je me permets de vous livrer quelques lignes du livre que je suis entrain d’explorer, l’auteur, Albert Cossery est un égyptien de langue française né au Caire en 1913 (biographie d\’Albert Cossery) qui décrit habilement le Caire d’Antan…

“Un tram way, quelque part dans la rue Mohamed Ali, courait sur ses rails avec sa lugubre sonnerie, annonçant la détresse d’un monde lointain. Sur le mur de la boutique blanchie à la chaux, une peinture populaire représentait une berge du Nil avec un voilier debout sur le fleuve, immobile comme s’il ne voulait plus se mouvoir, mais rester toujours ainsi, ayant peur du large et du vaste inconnu. Et il semblait que tout, quartier, êtres et choses, s’était figé comme ce voilier peint sur le mur, ne voulant plus comprendre qu’on puisse bouger ; espérer d’autres buts que ceux déjà atteints ; aller toujours plus loin sur la route”

Albert Cossery, Les hommes oubliés de Dieu, éditions Joelle Losfeld

Ramsissss Ramsisssss

•juin 16, 2009 • Un commentaire

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Nous avons commencé avec les taxis à aborder le sujet des déplacements au Caire… il y en a beaucoup comme on peut l’imaginer mais quelques uns méritent notre attention… le métro et le microbus (prononcez Mitrro et mikrrobuuss).

Les taxis sont certes un bon moyen de transport mais l’incertitude d’avoir un chauffeur compétent et le stress du paiement limite toujours un peu notre ardeur taxiesque ! Il existe donc un excellent moyen de déplacement, le minibus… beaucoup moins onéreux et stressant que le taxi, ces minibus ou vans circulent dans toute la ville d’un bout à l’autre de la fourmilière et ont des trajets plus ou moins fixes… Dans la plupart des endroits du Caire on trouve une petite station de minibus improvisée, de là bas des microbus, une fois pleins partent pour une traversée (souvent folle) de la ville, quelque soit le temps que l’on met et notre nationalité le prix ne change pas, il varie seulement selon la distance, de 75 piastres (10 centimes d’euros environ) à une livre environ ! C’est donc toujours un bon moyen de se mêler à la foule, de profiter du temps qui nous est imparti pour observer le Caire ou discuter avec les égyptiens… Je l’avoue, je ne me suis vraiment lancé dans la microbusofolie que très tard, auparavant, je regardais circonspect quoique déterminé avec beaucoup d’envie et de désir ces étranges véhicules pleins au besoin d’égyptiens serrés mais heureux (si si !!). Ainsi, pour profiter « à fond » de cette découverte, nous nous sommes pris au jeu du minibus à plusieurs reprises, nous montions dans n’importe quel microbus et Yallah, à la découverte d’un nouveau quartier !! Nous avons une fois traversé tout le Caire jusqu’au bout du métro, à Helwan, dans un quartier sympathique, assez vert et dépaysant !

Agréable autant que pratique et peu onéreux, le microbus est donc mon moyen de transport préféré au Caire !

Prêtez donc l’oreille, vous entendrez certainement quelques égyptiens par le biais d’une fenêtre de minibus hurler une destination  « Asa3af, Ramsiss, Bulak, 3aaataba… »

Depuis peu le Caire offre un nouveau service de transport qui tend à se développer, le métro ! nous attendons tous la troisième ligne de métro, vous savez la verte sur les plans qui est écrite mais…qui n’existe pas !

Au fond il est comme tous les métros me direz vous… certes, mais il a quand même quelques spécificités, d’abord il est très très long, finalement il ressemble plus à un petit TER qu’à un métro lyonnais… De plus, on trouve dans la plupart des stations des télévisions et des hauts parleurs qui diffusent l’appel à la prière pour les musulmans. Une autre originalité (enfin…faut voir) c’est la présence de wagon pour femmes, uniquement réservés à la gente féminine à certaines heures… inutile de vous dire à quel point j’aimerai savoir ce qu’il s’y passe et ce qu’il s’y dit… les femmes sont elles chaleureuses entre elles, se critiquent-elles…bref une multitude de questions qui resteront sans réponse… car malheur à l’homme qui par erreur s’engagerait dans le wagon réservé aux femmes…Aïe aïe…

Je ne suis pas vraiment un expert en termes de métro au niveau mondial, en tout cas au Caire, si le ticket ne coûte rien (une livre) la place dans le wagon est chère payée ! Inutile d’attendre que les gens descendent, aux heures de point, il faut se jeter dans la foule, s’accrocher à son partenair et espérer pouvoir rentrer…et sortir ! une belle expèrience que je recommande chaudement, surtout quand la chaleur frôle les 40° en surface !

Welcome to Egypt…

•juin 15, 2009 • Laisser un commentaire

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Le centre ville du Caire (Wust-el-balad) est un univers très particulier au Caire, peut être l’avez vous déjà aperçu dans les ouvrages de Al-Aswani ou de Nagib Mahfouz…. Pour ceux qui n’auraient pas connaissance de ce quartier atypique voici quelques photographies de la rue la plus célèbre d’Egypte, la très fameuse, chic awi gidan, Sharia Talaat Harb !

L’architecture actuelle du centre ville remonte à mon avis à la fin du 19ème siècle, lorsque le pacha Ismaïl voulait faire du Caire la Paris du monde arabe. Les longues avenues de style haussmannien pourraient nous transporter dans les beaux quartiers de la capitale française, seul « hic » le sachet plastique et la canette de coca qui s’accroche à ma chaussure… Le centre ville, c’est mon quartier, la rue Champollion avec son palais en ruine, Midan Tahrir (place de la libération), toujours en travaux (et encore pour quelques siècles…ahahaha), le musée égyptien d’un orange rougissant (venue d’Obama oblige) avec ses pièces de collections plusieurs fois millénaires exposées sur des palettes sans un mot ou une expliquation… C’est aussi, les vendeurs de papyrus qui sont tout sauf physionomistes, les “hello”, les “welcome to Egypt” qui font sourire les premiers jours mais qui exaspèrent très vite…

Au coeur de l’Egypte et du centre ville se trouve la Sharia Talaat Harb, une champs Elysée à l’Egyptienne où les magasins du Faubourg Saint Honoré ont été remplacé par au mieux Adidas ou Nike… Sinon on trouve les énormes vitrines qui débordent littéralement de chaussures aux couleurs et aux formes criardes, les vêtements volent dans la rues les soirs de week end ou de fête et marcher sur le trottoir pour se rendre jusqu’au cinéma “Miami” relève presque du miracle.

Bref, le centre ville du Caire, déserté par les colons européens depuis fort longtemps a bien changé depuis le temps fastueux de Nasser, aujourd’hui les trottoirs délabrés, les climatiseurs usagés, les Welcome to Egypt et autres magasins de papyrus  nous feraient presque regretter les tarbouches d’antan…

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Taksss’

•juin 13, 2009 • Laisser un commentaire

 

takss

Hey, Takss ?

Une vieille Peugeot noire et blanche passe à ma hauteur et comme à son habitude me voyant marcher, le chauffeur de taxi donne un léger mais assuré coup de klaxon, un message qui très clairement signifie « inutile de marcher jeune homme, le Caire n’est pas une ville de piétons, étranger que tu es, viens dans mon taxi !!! ». Oui un coup de klaxons selon la manière dont il est donné peut signifier de multiples choses : attention j’arrive, écartez vous, je double, je me rabats… Bref, soyez cairotes un jour et vous saisirez en un rien de temps ce langage ambigü…

Là n’est pas mon propos… au contraire, je veux vous parler des taxis, un des moyens de transport privilégié pour les cairotes d’adoption que nous sommes. Nous prenons le taxi presque tous les jours pour aller d’un endroit à un autre au plus vite et comme on dit « 3ala Tul » (directement).

Mettons les choses à plat …pour ceux d’entre vous qui ne connaissent pas le Caire, il ne faut pas vous imaginer des mercedes au cuir reluisant ou de beaux monospaces décalquant ! Non ! La Peugeot 504 et autres vieilleries que nous relèguerions au musée sont encore en (bon) état et nous conduisent dignement d’un endroit à un autre. A l’intérieur des taxis, on trouve un Coran (poussiéreux le plus souvent), une boîte de mouchoirs (de la marque Floura), quelque fois un collier de jasmin accroché au rétroviseur, et, bien sur, l’éternel et incontournable moumoutte posée sur le tableau de bord !!

Ce qui étonne toujours mes visiteurs c’est la manière avec laquelle nous agissons dans et hors des taxis… Le système mérite quelques explications si un jour vous décidiez de prendre un taxi cairote…accrochez vous !

De la rue, il faut lever le bras en direction d’un taxi, vous verrez deux ou trois s’arrêteront au cas où le premier ne veuille pas de vous ! (oui ça arrive) Après avoir annoncé le quartier où vous voulez aller et que le chauffeur ait accepté, il faut monter dans le taxi et attendre quelques minutes. Ensuite, en arabe si possible, annoncez votre destination, rien ne sert de lui demander s’il connaît car dans tous les cas il vous dira « oui ». S’il vous demande combien vous allez le payez, dîtes lui de s’arrêter et descendez tout de suite (oui, oui !!), en Egypte on paye à la fin si l’on connaît le tarif. Pendant le trajet, parlez à votre chauffeur en arabe, il appréciera et vous progresserez. Une fois arrivé, descendez en le remerciant, puis dehors une fois la porte fermée, tendez lui l’argent, et partez de suite, l’air confiant, même si vous ne savez pas où vous aller, ainsi, vous serrez crédible aux yeux du chauffeur. Il arrive que parfois (non pas tout le temps hum hum…) le chauffeur râle et demande plus, c’est une habitude, et oui, nous sommes étrangers et selon les quartiers que nous visitons, les habits que nous portons, le prix peut aller du simple au double !

Une menace pèse sur les taxis noirs et blancs du Caire… En effet, disons le clairement, la plupart sont vétustes et roulent souvent par je ne sais quel miracle…ainsi, le gouvernement a décidé de « faire un lifting » au visage des taxis égyptiens pour que les gentils touristes soient moins effrayés et surtout se fassent moins arnaquer ! Depuis quelques semaines, on voit fleurir des taxis blancs avec de petits damier noir… ces voitures neuves sont dotées de climatisation, de compteurs et sont plus sécurisées (al-hamdulilah). Je le précise tout de même, j’ai emprunté une fois un nouveau taxi mais le chauffeur n’a pas mis le compteur en route et j’ai finalement donné ce que je voulais comme d’habitude !! Pour tout ceux qui connaissent déjà l’Egypte, préparez vous à la triste vérité, les vieux taxis noirs et blancs avec leur bouteille de gaz dans le coffre vont disparaître…et pour ceux qui ne les connaissaient pas encore, venez vite en Egypte !

(désolé pour l’abscence de postes ces derniers jours mais au bord d’une mer bleue azur, sur une plage de sable fin…pas d’internet…)

Délice…

•juin 9, 2009 • Laisser un commentaire

cohue et délices

Impossible de parler du Caire et de ma vie ici sans faire référence à l’unique, l’insoupçonnable, le divin autant que malin… « crrrroissant ma3 chocolade » (croissant au chocolat) de chez El-Abd. Au réveil, à la pause du DEAC, après les cours, en dessert, pour le goûter ou en réalité n’importe quand, croquer une bouchée de cette petite merveille vous fait décoller… Ce n’est pas la spécialité de la pâtisserie El-Abd (la meilleure du Caire ?!) située à deux pas du DEAC car on y trouve des pâtisseries arabes mais aussi des gâteaux (énormes) aux fruits, au chocolat… Néanmoins c’est de loin ce que je préfère dans ce haut lieu cairote, le plaisir le plus simple et le plus délicieux. C’est un croissant comme on en mange en France le dimanche au réveil (ou tout autre jour de la semaine) avec à l’intérieur du chocolat fondu et qui coule partout (hihihihhi !!!), du vrai chocolat bien sur !!!

Comme partout en Egypte, le fonctionnement de cette pâtisserie  n’est pas à la portée du premier français venu… non ! Il faut avoir du sang égyptien pour tout de suite comprendre et ne pas errer sans fin entre les rayons débordants !  Sans compter les jours ou El-Abd est bondé au point de ne même pas pouvoir rentrer à l’intérieur (voir photos !) comme ce jour où des gardes filtraient les entrées et les sorties…question de sécurité ! Selon ce que vous voulez plusieurs comportements sont possibles, pour un croissant au chocolat par exemple (excellent choix par ailleurs) il faut tout de suite aller payer au caissier qui en échange de 2,25 £ (28 centimes d’euro) vous donnera un ticket, ensuite on se dirige vers le rayon des viennoiseries, il faut avoir le bras long pour atteindre le serveur qui emmaillote le croissant et vous le tend entre toutes les mains désireuses ! Pour acheter des pâtisseries, c’est un tout petit peu plus compliqué… tout d’abord il faut choisir (la plus éprouvante des difficultés), puis, montrer à un premier vendeur, que nous appellerons Ahmed, ce qui vous attire, il écrit sur un papier votre commande, la prépare et la dépose auprès de Mahmoud (employé numéro 2) qui l’emballera, pendant ce temps, direction le caissier avec le petit ticket pour payer et avoir un autre ticket, une fois ce ticket donné à Mahmoud (allez accrochez-vous !), on repart avec un joli paquet bien ficelé, on glisse souvent un ma3 Salam (au revoir) à Ahmed qui reste encore un peu bouche bée de voir un européen qui parle arabe et qui se déplace tout seul dans ce labyrinthe ! Mais bien sur il y a plus compliqué, imaginez qu’il vous faut acheter des pâtisseries plus un croissant au chocolat, oui je sais ça a l’air délicat mais on s’y fait, il faut être comme les égyptiens bien organisé !

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